Pour célébrer cette nouvelle année, ADCALI présentait des chants et danses traditionnelles iraniens, mais aussi de la musique française, le tout accompagné d'un repas (iranien, bien-sûr)!
Qu'est-ce-que le Nouvel An en Iran ?
Le premier jour du printemps, représente le symbole universel de la renaissance. Ainsi le 21 mars, "Norouz" ("nouveau jour" en persan) est la principale fête civile de l’année en Iran, de plus, la célébration du renouveau de la nature dépasse également les frontières de l'Iran.
Le 21 mars est donc considéré comme le premier jour de l’année selon le calendrier solaire hérité du zoroastrisme, une religion qui vénérait les éléments naturels et qui prêchait la bonne parole, la bonne pensée et la bonne action. Cette religion existe toujours en Iran, mais les adeptes sont fortement réprimés par le régime iranien. En fait, initialement, c'est pour célébrer la Gloire divine ayant donné le trône au Roi des Rois, qu'a été instituée cette fête. Persépolis avait d'ailleurs été crée à cet effet par Darius, pour fêter "Norouz". A l'époque, tout le monde se rassemblait autour du trône du Roi, lui rendait hommage et faisait la fête en buvant du vin, dans une atmosphère musicale, à la gloire des danseurs. Aujourd'hui encore les festivités durent treize jours en l'honneur du printemps. Par ailleurs, l'avènement du "jour du renouveau" est aussi l'occasion de nombreuses festivités très ritualisées.
Le feu, élément très important du "Norouz", rappelle ainsi la dimension zoroastrienne de la célébration. La fête de "Chahar-Shambeh-Souri" (la fête du mercredi) marque la fin de l'hiver, précèdant le "Norouz". Ce jour-là, les gens ramassent des rameaux secs, des broussailles ou du petit bois, pour en faire sept fagots, et les entassent ainsi dans leur cour ou dans leur rue afin de les enflammer au coucher du soleil, enfin ils sautent par-dessus le feu. Une autre coutume pendant les fêtes du "Norouz" consiste à brûler des semences de riz (esfand) ou de l'encens (oindor) contre le mauvais œil et les mauvais esprits.
Le jour du "Norouz", on dresse également une table appelée « Haft Sin » (sept « S »), c'est-à-dire des aliments, des plantes comme les sept végétaux dont le nom commence par un "S" (en persan), cela apporte alors des valeurs symboliques qui participent aux cérémonies du changement d’année. L’œuf, symbole de la fertilité est omniprésent, et plus ou moins richement décoré.
Le Coran a pu prendre place dans ces rituels après avoir été, parfois, le symbole de l’ennemi, désormais des versets sont lus tant en public qu’en privé et cohabitent très étroitement avec l’œuvre de Hafez, le poète iranien par excellence, dont les textes sont exaltés en ces temps de fête. Habits neufs, billets de banque neufs, la nouvelle année commence avec "Norouz". Durant ces treize jours, chacun rend visite aux parents, en commençant par les plus âgés de la famille. En ces temps de fête, les Iraniens communient le plus possible avec la nature renaissante. Le treizième jour de l'année, la population organise des pique-niques gigantesques à la campagne ou dans les parcs publics. En effet, pour le 13ème et dernier jour de "Norouz", il faut sortir des maisons que l'on a au préalable nettoyées de fond en comble et/ou repeintes, secouer au dehors les miasmes de l'hiver et surtout chasser les mauvais esprits.
Un défoulement total allié à une communion cosmique avec la nature dont on attend qu'elle préserve du mal et chasse le malheur.
Enfin, comme ces traditions existaient avant l'avènement de l'Islam en Iran, le régime iranien tente de les enterrer, en les réprimant.